De Wasserij : la vie quotidienne dans un habitat coopératif


Dans un reportage récent, le journal De Morgen dresse un portrait vivant de De Wasserij à Anvers, un projet coopératif de wooncoop où la vie quotidienne se déploie de manière résolument collective. Résidente et architecte, Heidi Veeckmans, associée au bureau Stramien qui a conçu le projet, guide le lecteur à travers un bâtiment où les espaces partagés ne sont pas un supplément, mais le cœur même de l’habitat. Son récit donne une image concrète de ce que peut être aujourd’hui une autre manière d’habiter.

De Wasserij s’inscrit dans la reconversion de l’ancien site industriel de la blanchisserie Goossens à Oud-Berchem. Deux bâtiments, reliés par un vaste jardin intérieur, rassemblent différents modèles d’habitat, dont l’un opte explicitement pour l’habitat coopératif. Selon Heidi Veeckmans, la force du projet réside précisément dans cette combinaison entre architecture et organisation : il ne s’agit pas seulement de construire autrement, mais aussi de penser autrement, en faisant de la collectivité un principe de départ plutôt qu’un ajout.

Vivre ensemble comme pratique quotidienne

En parcourant le bâtiment, on constate comment ce principe se traduit dans les usages quotidiens. Des fonctions partagées apparaissent partout : ateliers, buanderie, chambre d’amis, jardin d’hiver et même des espaces pour le sport ou les fêtes. Veeckmans décrit l’ensemble comme une sorte de « grande maison » où les rencontres informelles se produisent naturellement. Faire la lessive ensemble ou partager un espace crée du lien sans que cela ne semble forcé.

Cette proximité prend une dimension particulière dans sa situation personnelle de mère célibataire. Elle souligne combien le réseau de voisins constitue un véritable soutien : de la garde spontanée à l’échange intergénérationnel. Ce qui est souvent présenté comme un idéal abstrait prend ici une forme très concrète. Pour sa fille, cela signifie grandir dans un environnement où l’interaction sociale va de soi et où plusieurs générations se croisent au quotidien.

Architecture et propriété en équilibre

Cette dynamique sociale n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie de conception réfléchie et d’un modèle financier adapté. Selon Veeckmans, l’équilibre entre espaces privés et collectifs est soigneusement calibré, de manière à favoriser les rencontres sans compromettre la qualité d’habiter. Par ailleurs, le système coopératif de wooncoop permet d’entrer dans le projet via des parts, ce qui élargit l’accès et influence directement le coût mensuel.

De Wasserij rompt ainsi avec les modèles résidentiels classiques : les habitants deviennent copropriétaires de l’ensemble et assument collectivement la responsabilité du bâtiment et des espaces partagés. Le projet montre comment architecture, organisation et financement peuvent se renforcer mutuellement dans un contexte urbain, et comment l’habitat collectif peut devenir une réalité quotidienne plutôt qu’un simple concept. Le reportage de De Morgen sur De Wasserij est à lire ici.